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Paranoïa à peine justifiée [PV Tysha]

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encours
(#) le Mer 30 Aoû - 22:27

Le quartier d’Harajuku était, comme beaucoup de quartiers Tokyoites, unique en son genre. On y voyait toutes sortes de personnes vêtues des plus originales des façons, de la mode Punk ou Lolita, en passant par tous les styles gothiques et métalleux, et bien sûr, les cosplays. En passant devant certains établissements, boutiques ou cafétérias, on pouvait même entendre divers styles de musiques enivrantes et rythmées depuis les trottoirs.

Le Skin’Graphic en faisait partie. Une playlist de Cryoshell était diffusée dans le salon aux murs couverts de dessins impressionnants et aux sièges noirs, où travaillaient en tout trois tatoueurs ; Atsuko, Ginger et Haru. La première était déjà partie depuis près d’une heure, en cette fin de journée assez calme. Ginger s’apprêtait à faire de même ; après avoir rassemblé ses affaires, elle alla frapper à l’une des trois portes au fond du salon.

« Haru ? »

Dans le petit bureau, assis sur sa chaise, le jeune homme leva les yeux de son carnet à spirales et posa son critérium. Au salon, tout le monde l’appelait Haru, que ce soit ses collègues ou ses clients ; c’était devenu son pseudonyme de tatoueur, au fil du temps. Dans la vie de tous les jours, c’était simplement Zacharie.

« Ouais ? »

La femme aux cheveux rouge sang et à l’accoutrement multicolore entrouvrit la porte pour y passer la tête. Elle avait aussi beaucoup de piercings.

« J’y vais ! Tu restes encore ? »

« Oui, j’aime pas m’interrompre pour rentrer plus tôt quand je suis sur un croquis, »
répondit le jeune homme.

Ginger hocha la tête, mais demanda tout de même d’un ton un peu soucieux :

« Tout va bien ? »

« Moi ? J’ai l’air d’aller mal ? »


« Non, pas forcément mal, mais t’as l’air nerveux en ce moment. »

Zacharie haussa les épaules et les mains. « La ménopause. »

La jeune femme éclata de rire, prise au dépourvu par la réponse de son collègue. « D’accord, alors je vais te laisser réfléchir à ta virilité perdue, si je la croise je te fais signe ! »

Pour toute réponse, Zacharie lui tira la langue. Tout comme à chacune de ses oreilles, il avait un piercing à cet endroit-là. Ginger fit de même, sourit, puis referma la porte, laissant le jeune homme seul dans le bureau.

Après un instant de silence, ce dernier soupira longuement, se leva et s’étira, les bras au-dessus de la tête. Il jeta ensuite un regard circulaire à la pièce où il avait l’habitude de travailler lorsqu’il le pouvait, c’est-à-dire lorsque quelqu’un d’autre n’y était pas, que ce soit pour travailler tout comme lui le faisait en ce moment, ou bien pour tatouer quelqu’un. La pièce était dédiée à cela ; il y avait bien sûr un grand siège inclinable avoisinant le dermographe, mais aussi d’innombrables aiguilles de tailles et de formes différentes protégées par des emballages hermétiques, et des flacons contenant les encres de toutes les couleurs. On trouvait également des produits d’hygiène remplissant le comptoir et les étagères.

C’était là son univers, dans lequel Zacharie aimait se retrouver et se sentait chez lui. Seulement, depuis un certain temps, il ne s’y sentait plus exactement comme avant. Il était effectivement devenu méfiant, tendu, et plus observateur. À la limite de la paranoïa, à vrai dire. Mais cela ne venait pas de nulle part, loin de là ; deux semaines auparavant, une fille étrange avait commencé à lui envoyer des SMS.

« T’es qui ? » Lui avait-il d’abord demandé, ce à quoi elle avait répondu « une admiratrice secrète ;) »

Depuis, elle ne cessait de commenter ses créations ainsi que son travail sur les clients. En bien, certes. Mais sauf que Zacharie ne l’avait jamais vue, et qu'elle le complimentait sur des choses qu'il exécutait pendant ses séances de travail. Or, peu de gens l'observaient dans ces moments, à part son client et d'éventuels accompagnateurs venus soutenir leurs proches dans l'épreuve de l'aiguille.
Cette situation était pour le moins stressante et bizarre ; il se savait observé, avait sans cesse envie de se retourner où qu’il se trouve, mais ignorait totalement d’où pouvait bien venir ce regard qui l’épiait. Il en était même venu à penser que des caméras avaient été posées dans le salon, qu’il avait donc inspecté avec attention. Mais rien, que nenni ! Pas un seul objectif suspect dans le moindre coin de mur.

Je vais devenir dingue, se dit-il en frottant sa tempe marquée d’une cicatrice. Si ça se trouve, je suis sur écoute. Ils vont se jeter sur moi avec des flingues pendant la nuit pour me mettre un sac à patate sur la tête, je serai enfermé dans une cellule et ils me pèteront les bras.

« Je veux pas qu’on me pète les bras ! » soupira-t-il en se rasseyant dans sa chaise.

Le jeune homme tenta de rester rationnel. Après tout, ce n’était que des messages envoyés par une fille admirant son travail. Enfin, apparemment. Même s’il ne l’avait jamais vue, mais qu’elle semblait pouvoir le voir à n’importe quel moment, surtout quand il s’y attendait le moins, il n’y avait aucune raison de paniquer.

Enfin, je crois.

D’ailleurs, Zacharie se fit la réflexion que s’il n’avait pas encore bloqué son numéro, cela voulait dire qu’il ne se sentait pas si menacé, au fond. À vrai dire, il ressentait une étrange curiosité qui grandissait à chaque message qu’il recevait d’elle, et c’était probablement cette curiosité qui l’avait empêché de couper toute communication.

Un léger sourire s’aventura même sur son visage alors que sa main ressaisissait son crayon et qu’il reprenait son esquisse là où il l’avait laissée. Ce dessin, il ignorait encore s’il allait l’intégrer à son livre des modèles qu’il présentait à ses clients. Le motif représentait une silhouette androgyne se tenant debout, une jambe légèrement pliée, un bras levé dans un arc harmonieux. Ses membres fins s’entrelaçaient avec les longs doigts d’une main gigantesque en comparaison. Le dessin ne dégageait aucun sentiment de menace malgré cette scène peu commune ; on aurait dit que les deux êtres exécutaient une sorte de danse.

Zacharie aimait bien ce croquis. Il était personnel, faisait un peu partie de son histoire et de ses croyances, ainsi que de ses espoirs. Décidant qu’il avait passé assez de temps sur les traits d’esquisses, il ouvrit un tiroir pour en sortir une plume d’acier et un flacon d’encre de Chine. Il avait cette fois oublié ses étranges échanges avec sa correspondante mystère, et était actuellement loin de se douter qu’il était encore épié.
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encours
(#) le Jeu 31 Aoû - 22:21

Paranoïa à peine justifiée
Zacharie x Tysha


Lorsque l'on se déplaçait de murs en charpentes et de canalisations en bouche d'aérations, Dieu savait qu'il était parfois bien difficile de se repérer avec précision. Tokyo était si vaste et si chaotique... le contraire aurait été étonnant. Bien entendu, il existait des voies principales, assidûment fréquentées par les communautés Midgets, mais Tysha ne faisait pas partie de ceux-là. Pour quelqu'un comme elle qui sortait hors des murs de manière tout à fait illicite, mieux valait rester dans l'ombre de ses propres paires, quitte à préférer les chemins de traverse. Et c'était un fait indéniable, parfois, malgré la signalisation GPS, on ne savait pas vraiment ce que l'on allait découvrir en passant la tête par une fente. Ainsi allait la vie pour ceux de son espèce. C'était un peu la roulette russe. Un jour, le hasard faisait bien les choses, d'autres, beaucoup moins, ça faisait parti du jeu. Mais au fond, il suffisait d'être paré à toute éventualité, bourré d'ingéniosité ou aussi chanceux qu'un cocu. Tysha était un peu les trois, mais malheureusement pour elle, son goût prononcé du danger réduisait presque à néant tous ses efforts de rester prudente... au grand dam d'un certain Isander.

Et c'était précisément lors de l'une de ses errances solitaires qu'elle avait découvert ce salon, le Skin’Graphic. Non pas qu'elle s'intéresse véritablement à cet art corporel qu'était le tatouage, mais elle avait trouvé un spécimen Gigantis particulièrement distrayant ici -l'un de ceux qui n'était semble-t-il pas dépourvus d'humour là. C'était il y a quoi... deux semaines ? Oui, ce devait être ça. Deux semaines, qu'elle espionnait cet homme sans vergogne. Ce Haru, comme l'appelaient ses deux filles aux allures bizarres qu'il fréquentait. Il faisait un bon sujet d'étude jusqu'à présent.

Depuis, de manière totalement irrégulière, Tysha se rendait là, munie de sa curiosité débordante et persistante. Il n'y avait pas de petit plaisir, n'est-ce pas ? Et alors... alors... généralement, elle se contentait de regarder ce qu'il tatouait ou dessinait. Jusqu'à ce fameux jour, ou elle avait décidée de commenter son talent ainsi que ses moindres faits et gestes via SMS. C'était facile, elle n'avait eu qu'à récupérer son numéro, bêtement inscrit sur la devanture du bâtiment.

Bien évidemment, ce jour-ci se trouvait être l'un de ceux-là. Et elle n'avait pas perdu une miette de son échange avec sa collègue, explosant même de rire à la répartie du bonhomme. Oui, c'était véridique, ce type de boutade débile, c'était totalement son genre. De quoi augmenter sa sympathie pour lui, en somme, même si elle devait bien être la seule à en éprouver à l'heure qu'il est...

C'est alors qu'il s'exprimait tout haut, un brin plaintif :

« Je veux pas qu’on me pète les bras ! »

Quoi ?! Qui oserait faire une chose pareille ? S'indigna Tysha avant de dégainer son portable et de se raviser à la dernière seconde... ce dessin là, qu'il était en train de dessiner... qu'est-ce que... ? Roh, puis elle n'y tint plus.

''Bonjour Haru. Comment vas-tu aujourd'hui ? Tu as des ennuis ? Pourquoi quelqu'un aurait envie de te péter les bras ? C'est pas très gentil.'' écrivait-elle en guise d'introduction à son petit manège quotidien.  

Couchée sur le ventre, les jambes battant distraitement l'air et le menton appuyé sur les mains, la Midget fixait l'homme, un sourire contenu aux bords des lèvres. Sa cachette lui semblait parfaite puisque depuis tout ce temps, Haru n'avait pas eu le moindre doute quant à sa présence. Qui irait chercher derrière ces vieux cartons poussiéreux, là-haut sur cette étagère collée au mur de toute façon ? Mais ce qui importait, c'est que depuis son nichoir, Tysha surplombait parfaitement sa zone de travail. Tant est si bien qu'il lui était aisé de distinguer ses travaux. Et celui qui prenait peu à peu forme sur ce bout de papier, avait admirablement forcé son intérêt, bien plus encore qu'à l'accoutumé...

Elle ne rêvait pas, c'était bel et bien une sorte de Midget qu'il avait dessiné, non ? Curieux, vraiment...

''Ce que tu dessines aujourd'hui est particulièrement intéressant... qui est ce personnage...?''  

Achevant de tapoter sur son téléphone miniature, Tysha relevait bien vite le museau, impatiente de capter la réaction du Gigantis. C'était vraiment drôle à voir ça aussi. Cette tête qu'il affichait, et sa manie lorsqu'elle lui écrivait, de regarder à gauche et à droite comme un idiot. À croire qu'il s'imaginait des trucs pas net, le pauvre. Mais là, tout de suite, c'était réellement son croquis qui avait attisé l'intérêt de Tysha, il n'y avait pas de place pour la moindre culpabilité. Pffff... malheureusement, elle était trop loin pour détailler son œuvre à son aise. Peut-être pouvait-elle tenter de s'approcher en douce ? Le mieux serait accessoirement qu'il lève ses fesses de là pour rentrer chez lui. Mais s'il emportait son dessin, elle l'aurait dans le baba...

Et les minutes s'écoulaient, de même que l'encre sur sa plume. Mince, mince, mince ! Elle avait envie de voir ça de plus près, genre, vraiment !!! Quelle heure pouvait-il être ? Il allait se décider à partir bientôt, oui ?! Hm... ou bien... elle pouvait peut-être l'attirer ailleurs, histoire de. Calculant mentalement ses chances comme le taux de risque que comportait ses plans, elle se remettait à écrire un nouvel sms :

''Dis, monsieur le tatoueur, ça te dirait de me rencontrer ? Tu vois le Seven Eleven du quartier, je t'attends là-bas dans 5 min ! Me fais pas faux bond, tu n'auras qu'une chance. ♥''

Et... envoyé ! Aussitôt, se mordillant les lèvres, Tysha tendait le cou pour tenter d’étudier la réaction de l'homme ; de ce Haru. Son petit cœur bondissait dans sa poitrine, tant d'excitation que d'appréhension. Avait-elle été trop directe ? Trop peu subtile ?

Pourvus qu'il tombe dans le panneau !!!! songeait-elle de toute ses forces.

C'était ridicule, mais elle était vraiment prête à faire n'importe quoi pour satisfaire sa curiosité... c'était dangereux, mais bon, qu'importait ? De toute façon, c'était plus fort qu'elle...


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encours
(#) le Jeu 31 Aoû - 23:59

Son téléphone, posé sur un coin de son bureau, n’était ni en sonnerie ni en vibreur, mais en silencieux. Il en était toujours ainsi lorsque Zacharie dessinait. Du coin de l’œil, il vit l’écran tactile s’allumer, signalant la réception d’un message. Le jeune homme prit le temps de finir son trait avant de poser délicatement sa plume sur son support, à côté de son bloc à dessin. Tout en tendant la main pour attraper son téléphone, il contempla l’encrage qu’il avait entamé. Pas trop mal, mais il allait devoir s’arrêter là pour ce soir ; il fallait encore laisser à l’encre le temps de sécher avant de pouvoir refermer son bloc et le fourrer dans son sac.

D’un geste du pouce, il composa la combinaison qui déverrouilla l’écran et lut le message. La simple lecture du numéro suffit à lui faire froncer les sourcils et pousser un soupir. Bon sang, il avait réussi à l’oublier… L’espace d’un instant, jusqu’à ce qu’elle se manifeste. Mais ce fut la suite du message qui capta son attention et le figea sur place. Attendez, attendez… Quoi ?
Zacharie ne poussa aucun juron, mais toutes les exclamations les plus imagées exprimant habituellement l’étonnement furent marquées sur son visage l’espace de quelques secondes. Puis il fronça à nouveau les sourcils, à la fois dérouté, curieux et incrédule. Son dessin ? Elle voyait son dessin ? De plus, elle semblait même pouvoir l’entendre de là où elle était. Où qu’elle soit.

« T’es grave flippante. »

Fut sa réponse à ses deux premiers messages. La situation l’agaçait, lui mettait les nerfs à vif, dans le sens où il savait qu’elle pouvait l’observer comme elle le voulait, alors que lui ne l’avait jamais vue. C’était parfaitement injuste comme échange.
Il continua de dessiner un moment, mais l’écran de son téléphone s’alluma à nouveau à la réception du troisième message. Déposant à nouveau sa plume avec la délicatesse que ses mains avaient l’habitude d’exprimer, Zacharie se leva, le regard toujours fixé sur l’écran. Ce dernier message qu’elle lui adressa incita le jeune homme à prendre sa décision ; il était grand temps de lever le voile sur ce mystère et d’arrêter ces petits jeux. Plus précisément, il était grand temps que les règles changent. Elle les avait édictées pendant trop longtemps.

« Je reviens. »

Avec un petit sourire mystérieux et sans en écrire davantage, il envoya le message avec un geste théâtral, son écran tourné vers le plafond, puis sortit de la pièce d’un pas étrangement assuré, laissant son téléphone sur un coin de son bureau. Il ne quitta pas le salon, mais alla appuyer sur l’interrupteur relié au rideau de fer, qu’il baissa à moitié, laissant cependant la poignée de la porte accessible. Ainsi, si sa mystérieuse correspondante l’observait bien depuis une caméra incroyablement bien dissimulée, alors elle pourrait entrer en se glissant dans cet interstice. Par contre, les éventuels clients tardifs seraient dissuadés par la présence du rideau.
Zacharie fut de retour dans la pièce en une trentaine de secondes, refermant la porte derrière lui. Mais il ne toucha plus à son téléphone. Au lieu de cela, il s’assit en travers sur sa chaise, un coude appuyé sur le bureau, tournant légèrement le dos à son carnet de dessin.

« Bien, bien, bien… Puisqu’apparemment tu peux m’entendre, que dirais-tu de te passer des SMS ? Aucune raison de se montrer timide avec moi, Miss. »

Tiens donc, une parole rassurante ? En tous cas, son ton était calme, même si on y décelait sa malice et son petit flegme habituels.

« Allons, tu ne pensais pas sérieusement que je sortirais d’ici, pas vrai ma grande ? Pas après m’avoir donné la preuve que tu peux me voir et m’entendre, ici même, dans ce bureau qui en plus me parait siii convivial pour un tête à tête, » lâcha-t-il avec un petit sourire. « Alors ? Qu’en dis-tu ? »

Même si sa posture et son expression traduisaient de la décontraction et de la patience, ses pensées n’étaient pas exactement toutes à cette image…

Je. Me. Sens. Exposé. As fuck.
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encours
(#) le Ven 1 Sep - 10:56

Paranoïa à peine justifiée
Zacharie x Tysha


Un instant, Tysha pensa véritablement qu'Haru allait tomber dans ses filets, lorsqu'il s'était levé avec détermination. Hélas, il fallait se rendre à l'évidence, la retrouver au magasin n'était pas du tout dans ses intentions. Son plan menaçait de tomber à l'eau. Le Gigantis n'était parti que quelques secondes, et il ne manifestait plus nulle envie de bouger de là, à présent... Puis c'était quoi ça ? Pourquoi s'adressait-il à elle, persuadé qu'elle était là, quelque part, susceptible d'apparaître ? Ok, c'était en soit réellement le cas... mais il n'était pas censé le savoir !!!

« Ma grande ? » ricanait-elle, pour tenter de ravaler la frustration qui émergeait en son for intérieur. « Huh ! S'il savait. »

Mais c'était pas possible, bon sang ! Il croyait piéger qui, là, au juste ? À sa place, elle aurait directement filé à la supérette avant de revenir bredouille mais non... lui... lui il restait là, intimement persuadé de la voir..., quoi, débarquer !? Sa langue claqua d'agacement et elle roulait sur le ventre pour s'asseoir en tailleur.

Mais quel psychopathe! S'agaça-t-elle intérieurement tout en le fusillant du regard, brandissant même son petit poing à son attention.

Une grimace sur la face, Tysha se mettait alors à réfléchir à toute allure, l'air boudeur. Que faire... ? Pouvait-elle lui faire croire en l'existence des fantômes et mettre un bordel monstre partout autour de lui ? Ça pouvait marcher, peut-être qu'il allait même déguerpir sans demander son reste, le bougre. Mais c'était une opération bien fatigante pour quelqu'un de sa taille, car cela signifiait qu'elle devait rapidement se déplacer partout. Devait-elle tenter ?

Au lieu de faire quoique ce soit, la jeune fille patienta, les bras croisés sous sa poitrine, histoire de laisser le doute germer dans l'esprit de Haru. Une minute... deux... trois... Oh, il voulait jouer au plus malin, hein ?

''Je t'attends, tu ne comptes pas venir ?'' écrivait-elle alors dans un dernier éclat d'espoir, faisant cette fois celle qui n'avait pas entendu ses paroles. ''Je te l'ai dit, tu n'auras pas de nouvelle chance.''

Rah....... puis merde.

Il ne voulait pas partir ? Tant pis pour lui ! Avec une insouciance folle, peu désireuse d'attendre de voir s'il allait effectivement partir pour lui laisser la voie libre, la jeune Midget entreprenait donc de descendre de son perchoir. S'il restait le dos tourné à son dessin de cette façon, elle pouvait peut-être... ? Mouais, ça se tentait. Mais avant ça, il fallait qu'elle attire son attention ailleurs. Aussitôt, elle s'emparait d'un bibelot qui trainait dans son carton et l'envoyait choir par terre, dans un tintement sonore. Après quoi, la demoiselle disparaissait dans l'instant dans l'aération du mur, avant de réapparaître quelques minutes plus tard sur le carrelage, entre deux plinthes du côté opposé. Ce faisant, rajustant ses chaussettes rouge et ses bottines, elle levait la tête vers sa future destination. Pfiuh. Ce bureau était tellement haut vu d'ici...

Franchement, ce dessin méritait-il qu'elle se brise le cou ? À en juger par le sourire qui venait éclairer son visage dans une expression de pure témérité : ouais. Elle s'élança comme un bolide, pour passer sans être vue entre le mur et le bureau. Restait plus qu'à grimper tout là-haut. Et c'est ce qu'elle fit, discrète et agile, tandis que l'adrénaline venait petit à petit faire battre ses veines avec délice. Allez, encore un petit effort et elle y était. Par chance, il ne lui semblait pas que l'homme regardait précisément dans sa direction, c'était maintenant ou jamais !

Glissant une main puis une autre sur le rebord de son bureau, à peine essoufflée par son escalade périlleuse, Tysha laissait doucement entrevoir ses yeux plissés. Elle devait avoir laissé la Prudence à la maison, encore une fois. Ce Gigantis était si proche... et si... géant... ! L'air sournois, la demoiselle étudiait ses moindres gestes, attendant le moment propice. Puis, aussi vive qu'une biche, elle roulait sur le bois pour se cacher derrière son tube d'encre. C'était en quelque sorte, une opération commando. Que ne réalisait-elle, alors, que ses pieds venaient de marcher précisément dans la seule goutte d'encre qu'il avait projeté par mégarde un peu plus tôt...

Et elle continua sa folle entreprise, partant cette fois se cacher derrière le gros paquet de gants en plastique qu'il utilisait pour tatouer, puis derrière une autre bouteille d'encre.

Respire, Tysha... encore un peu et tu pourras regarder ce foutu dessin de plus près.

Persuadé que rien ne pouvait la trahir, la vérité était malheureusement toute autre. De minuscules empreintes de pas noirs menaient tout droit dans la direction qu'elle venait d'emprunter !

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encours
(#) le Ven 1 Sep - 13:51

Assis à l’envers sur sa chaise, face au dossier, Zacharie tendit le bras pour attraper et déverrouiller son téléphone lorsqu’il vit l’écran s’allumer. Le message attisa les remous de ses pensées et y insinua le doute ; devait-il vraiment rester ici à attendre qu’elle se manifeste, ou bien répondre à son invitation et quitter le salon ? Il avait beau réfléchir, l’idée de partir ne lui plaisait pas. Comme souvent, elle était actuellement en train de le regarder et de l’écouter. Il aurait l’impression de s’éloigner d’elle. Ou cette maniaque avait peut-être posé des caméras dans le Seven Eleven aussi ? Pfff, si c’était le cas, Zacharie n’était pas sûr de vouloir la connaître ! Elle était peut-être une espionne, un membre des forces spéciales, ou même….

Mais non, baka. C’est juste une fille. Tu vas pas te mettre à avoir peur d’une fille que tu connais même pas, de surcroît ? Elle veut pas te liquider, elle veut te faire peur. Ou alors elle est sincère quand elle te complimente et elle est trop timide pour venir te parler.

La chute soudaine d’une main articulée en bois sur son socle le tira soudainement de ses pensées. Il se leva, méfiant, et alla ramasser l’objet, avant de lever les yeux vers l’étagère. Il n’y avait que de vieux objets que personne ne touchait jamais ici. Qu’est-ce qui avait bien pu faire tomber un pantin reposant sur un socle aussi plat ? Une souris, peut-être.
Ou alors… Non. Zacharie avait beau se dire non, il ne pouvait stopper ce petit doute qui s’insinua doucement dans son esprit, s’y répandant comme une goutte d’encre dans un verre d’eau claire. Sa correspondante était-elle là depuis le début ? Physiquement présente dans la même pièce que lui ?

T’as trop d’imagination mon vieux, on te l’a souvent dit.

Soupirant légèrement, Zacharie remit l’objet à sa place et se retourna vers son bureau. À nouveau, il se figea sur place en remarquant quelque chose de changé sur la surface de bois. Il avait pourtant bien fait attention à ne pas toucher cette tâche d’encre… Comment s’était-elle étendue alors qu’il avait le dos tourné ? En se rapprochant à pas légers –craignant de faire du bruit mais sans pour autant savoir exactement pourquoi- il remarqua la forme des minuscules empruntes. Elles n’appartenaient pas aux pattes d’une souris. Ou alors une souris bipède qui avaient des pieds tout à fait humains.

Zacharie resta figé, aussi immobile que le reste de la pièce, tandis qu’il réalisait que son imagination n’était peut-être pas si folle qu’on le laissait entendre. Ses doutes se muèrent en certitude, tandis que sa curiosité grandissait et le transportait des années en arrière, dans la maison de ses parents, en Angleterre.
Il revint cependant rapidement à l’instant présent et se rapprocha encore du bureau, tournant doucement sa chaise dans le bon sens pour s’y rassoir avec des gestes calculés. Les coudes sur le bureau, de chaque côté de son carnet, il croisa ses doigts sous son menton. Son regard sombre avait suivi les petites empruntes noires jusqu’à un flacon d’encre rouge posé presque en face de lui.

« Certain oui, » dit-il avec calme et un peu d’amusement. « Je ne viendrai pas. Toi, par contre… T’es gentille d’être passée me voir, ma grande. »

Le jeune homme avança une main vers le flacon, qu’il poussa doucement sur le côté, révélant enfin la présence qui le hantait depuis des jours. Et qui avait eu l’air de bien s’en amuser. Visiblement, c'était à son tour de trouver la situation amusante.
Cependant, il retira légèrement sa main, qu’il posa sur un coin de son carnet, essayant par là de lui montrer qu’il n’avait pas l’intention de la toucher. Zacharie aurait pourtant été tenté de lui foutre une petite trouille, après tout cela semblait légitime…
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(#) le Ven 1 Sep - 14:55

Paranoïa à peine justifiée
Zacharie x Tysha


Soudain, Haru proférait quelques mots. Des mots très étranges, comme si… comme s'il savait qu'elle se trouvait là, sur son bureau... Mais c'était impossible, n'est-ce pas ?

N'y prêtant tout d'abord guère attention, l'esprit pleinement focalisé sur son but, il s'avérait pourtant que c'était bel et bien le cas. Hélas, le temps que Tysha ne réalise que l'objet qui la maintenait cachée venait de changer subitement de place, c'était trop tard ! Bêtement, la première chose qu'elle pensait, alors, était que sa position devait être assez grotesque à admirer. Et c'était véridique, à moitié penchée et figée dans l'expression de toute sa fourberie, avec les fesses en arrière, ce n'était pas très flatteur. C'est alors que son sang ne faisait qu'un tour tandis qu'elle intégrait pleinement sa situation. Dans un hoquet de surprise effroyable, elle tournait vivement le visage pour faire face au Gigantis, bouffie d'appréhension. Aussitôt, une mine à la fois horrifiée et gênée se peignait alors sur son joli minois.

« Eh merde... » Ses lèvres bougeaient sans qu'Haru ne puisse percevoir aucun son.  

Passé le choc premier, Tysha se sentit tomber à la renverse, sur les fesses. Elle se rattrapa bien vite sur ses deux mains pour reculer précipitamment jusqu'au jusqu'au bord du bureau. Que faire, que faire !!! Elle cligna des yeux plusieurs fois, son souffle menaçant de rester coincé dans sa gorge. Ouais, pour le coup elle faisait plus vraiment la maligne.  

Mais y'avait vraiment quelque chose de pas net dans tout ça. Contre toute attente, Haru ne semblait pas manifester une once de surprise, ou même d'agressivité... Pourquoi ne l'était-il pas ? Qui était-il ? Comment ?! Se pouvait-il qu'il soit déjà au courant de l'existence des siens ?! Se mordant la joue d'inquiétude, Tysha s'empressait de sortir son téléphone de son petit sac. Ce faisant, ses yeux ne manquaient pas de le surveiller, juste au cas où il ne faisait que ruser pour mieux l’aplatir de sa grosse paluche...

''Comment as-tu su que j'étais là !? Tu le savais depuis le début ? :(''

Pour le drama, elle rajoutait même un petit smiley. C'était quand même dingue, était-elle si peu discrète, en réalité... ? À la seconde où elle envoyait ce message, la midget remarquait alors ses propres empreintes, si perceptible, sur le bois du bureau. Elle grimaçait. Bordel... la honte, c'était vraiment une erreur de novice ! Heureusement qu'il n'y avait personne pour la voir à cet instant, enfin, hormis ce gros problème ambulant qui lui faisait face...

''Tu... ne vas pas me faire de mal, pas vrai... ? Je voulais juste venir regarder ton dessin de plus près. :(''

Nouveau smiley. L'espoir était permis après tout. Peut-être pouvait-elle l'amadouer en lui faisant les yeux doux ? Heureusement que j'ai été gentille avec lui, tout ce temps...... songeait-elle, toujours aussi soucieuse. Puis, déglutissant, une fois bien sûre qu'il n'allait pas essayer de la tuer tout de suite, elle osait s'écarter du rebord et se relevait doucement. Ses petits yeux bleus papillonnaient sans se détacher de lui. Au moindre geste suspect, elle n'aurait qu'à sauter !

''Je ne peux pas te parler, seulement t'écrire. Les Gigantis ne peuvent pas nous entendre.'' expliquait-elle alors, juste avant de retourner en partie se cacher derrière le flacon le plus proche...

Elle n'avait plus qu'à prier...

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encours
(#) le Ven 1 Sep - 22:44

S’il ne bougeait pas pour l’instant, Zacharie ne détachait pas son regard de la jeune femme minuscule. D’aussi près, il pouvait la détailler parfaitement ; sa tenue ne ressemblait à rien de ce qu’il avait l’habitude de voir, et sa chevelure était d’un roux flamboyant. Chose qui l’étonna, elle avait effectivement un téléphone dans les mains, signe qu’elle disposait d’une technologie semblable à celle des humains. Enfin, celle des humains qui ressemblaient à Zacharie. À ses yeux, elle avait l’air tout aussi humaine que lui.

Le jeune homme se tendit visiblement en la voyant reculer, craignant qu’elle ne passe par-dessus le bord du bureau –ce qui l’aurait sans doute précipitée vers une chute dangereuse, voire mortelle- et craignant aussi qu’elle tente de s’enfuir. De toute façon, si elle décidait de mettre ce plan stupide à exécution, Zacharie n’aurait qu’à tendre la main pour la stopper. Et maintenant qu’elle était là, juste en face de lui, il ne comptait pas la laisser se faire la malle aussi vite. Lorsqu’il était enfant, il n’avait fait qu’apercevoir une silhouette minuscule en haut d’une étagère. Sans trop savoir pourquoi, il avait pris sa défense et lui avait permis de disparaître, au lieu de tout mettre en œuvre pour l’attraper. Et finalement, des années plus tard, une rencontre similaire se déroulait ici.

Ça doit être le destin, ou une connerie du genre. C’est ce qu’aurait dit Maman.

Il la vit attraper son téléphone et envoyer un message. Intrigué, il haussa légèrement un sourcil. Contactait-elle quelqu’un d’autre pour demander de l’aide ? Se sentait-elle en danger ? Oui, évidemment qu’elle se sentait en danger. Si elle avait voulu se cacher de lui, ce n’était pas pour rien. Depuis que Zacharie connaissait l’existence d’un peuple caché, il s’était imaginé des tas de raisons qui pouvaient pousser ce peuple à rester caché. La principale raison étant la menace que pouvait représenter quelqu’un comme lui pour quelqu’un comme elle, même sans le vouloir.

Tendant le bras à sa gauche, il fit glisser son téléphone sur la surface lisse du bureau et le ramena à côté de son bloc à dessin pour lire le message. Il ne rêvait pas, elle était bien en train de communiquer par SMS avec lui. Le smiley lui provoqua un petit éclat de rire, et il lui répondit oralement, avec un léger sourire et en gardant sa voix plus basse que d’habitude :

« Non, pas depuis le début. Seulement depuis ça, » dit-il d’un air amusé en pointant le petit doigt vers les empruntes qui traçaient un chemin très visible sur le bureau. « Mais garder ton secret pendant tout ce temps, c’était déjà pas si mal. Même si se révéler en commettant une erreur pareille, j’avoue que c’est plutôt dommage pour toi. »

La jeune femme était visiblement de cet avis. Actuellement, elle semblait vouloir se trouver n’importe où, sauf ici. Peut-être n’avait-elle jamais parlé qu’à des membres de sa propre espèce, songeait Zacharie. Mais vu ce qu’il avait imaginé au sujet de ce peuple caché dont il soupçonnait l’existence depuis longtemps, il pouvait comprendre pourquoi.
Après avoir lu ses messages suivants, il releva un regard un peu intrigué vers elle.

« Tu ne peux pas me parler ? Ah, curieux. Je me serais quand même attendu à ce que ta voix porte un minimum, vu la taille que tu fais, » fit-il pensivement.

Elle devait mesurer quoi, huit ou dix centimètres ? Il pouvait faire une approximation maintenant qu’elle se tenait debout. Bon sang, même debout, elle était vraiment petite. C’était quand même pas énorme, huit ou dix centimètres… Lui, il en mesurait cent soixante-dix. Elle n’était que légèrement plus grande que son majeur.
Zacharie s’aperçut au bout de quelques secondes qu’il en avait oublié la question la plus importante, et que la minuscule jeune femme avait partiellement retrouvé la sécurité (toute relative) du flacon d’encre.

« Ça va tu peux te détendre, je vais pas te manger, » dit-il en se rendant compte trop tard qu’il avait fait un assez mauvais choix de mot. « Enfin, je veux dire, c’est pas tous les jours que je rencontre quelqu’un comme toi –heureusement d’ailleurs, parce que tu m’as sacrément fait tourner en bourrique, hein, » ajouta-t-il en soupirant légèrement alors qu’il se remémorait ces deux dernières semaines à la limite de la paranoïa.
Certes, il n’avait pas pour habitude de laisser quelqu’un s’en tirer indemne lorsqu’on lui faisait des crasses, mais la situation n’était pas habituelle. À vrai dire, il aurait été bien incapable de se venger d’elle par la force, surtout en la voyant dans cet état. Non, décidément, les chances n’étaient pas équilibrées du tout.

Le jeune homme abaissa à nouveau le regard sur son bloc resté ouvert. Le dessin qu’il avait commencé à encrer n’était pas terminé, mais il commençait à prendre forme. Et vu sa source d’inspiration, Zacharie comprenait que l’illustration ait éveillé la curiosité de la jeune femme. Comme ça elle avait voulu voir ce dessin de plus près ? Au fond, cela lui faisait plaisir qu'elle semble s'intéresser autant à ce qu'il faisait.

« Mais ce que tu demandes me parait légitime, » approuva le tatoueur alors qu’il faisait pivoter d’une main le carnet à spirales pour le présenter dans le bon sens à Tysha. « Je pense qu’il te concerne un peu, après tout. »
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encours
(#) le Dim 3 Sep - 11:54

Paranoïa à peine justifiée
Zacharie x Tysha


L'étude que lui rendait le gigantis était entièrement partagée par Tysha, qui sous le couvert de sa nouvelle petite bouteille d'encre, ne résistait pas à l'envie de le surveiller. Elle ne rêvait pas, il avait sourit en lisant ses messages. Était-ce bon signe ? Probablement, oui ! Il ne devait pas être dénué d'empathie malgré tout ce qu'on racontait à leur sujet ! En tout cas, la midget avait réellement envie d'y croire, tandis qu'elle écoutait la suite de ses propos d'une oreille attentive, presque religieuse.

Et elle répondait à sa réflexion sur son rapport voix/taille par un haussement d'épaule, en se décalant imperceptiblement de sa cachette. Dans le fond, ça les arrangeaient bien, de ne pas avoir de voix perceptible par ces géants. Le contraire aurait été une vraie plaie, surtout pour elle qui, fallait l'avouer, aimait bien parler toute seule. Mais cela, elle se gardait bien de le lui faire remarquer, calant pour la première fois depuis sa surprise un léger sourire sur ses lèvres. Celui-ci s'étirait davantage, fripon, lorsqu'Haru lui assurait ne pas avoir de mauvaises intentions envers elle, et plus encore lorsqu'il évoquait leur relation sms de ces dernières semaines.  

Finalement, tout en se mordant les lèvres, la jeune fille osa s'éloigner de sa cachette, suivant des yeux les gestes de l'homme. Il venait de décaler son carnet de croquis dans sa direction, l'invitant à répondre à cette prime curiosité l'ayant mené là. Vraiment ? Elle pouvait vraiment lui faire confiance ? Elle en avait tellement, tellement envie...! Ses petites prunelles alternaient un instant entre le papier et Haru, comme si elle se livrait à un puissant combat intérieur : curiosité versus prudence.

''Alors... tu dois te douter que notre survie dépend du secret que tu as manifestement gardé tout ce temps. Tu continuera de le garder, n'est-ce pas ? Est-ce que je peux te faire confiance ?'' Écrivait-elle, juste pour se donner bonne conscience, avant de bondir vers le carnet de ses désirs.

Enfin, elle pouvait l'inspecter de plus près ! Elle se pencha dessus sans se faire prier, grimpant sur le rebord à quatre pattes et déposant ses mains miniatures pour savourer le contact légèrement râpeux du papier. Effectivement, ce dessin était plus joli encore vu d'ici, il s'étalait presque comme un fresque vu sa grandeur par rapport à la sienne. Mais comme elle s'en doutait, ce petit être dessiné là ne rendait pas trop justice aux siens. Ils n'étaient pas vraiment si androgyne, quand même. Hm... quoique, avec une crinière rousse et une petite tunique, ça pouvait clairement lui ressembler...

C'était un fait, la vivacité de Tysha semblait avoir soudainement refait surface avec l'assurance qu'elle possédait désormais de ne pas se faire dévorer par le gigantis. Roulant sur le carnet pour s'y coucher sur le ventre, dans une insouciance folle, elle dégainait une nouvelle fois son téléphone. Cette fois c'était carrément pour passer un appel. Aussi elle tourna légèrement le minois vers celui de Haru qui s'était mis à vibrer en parallèle, puis, elle retournait le nez vers lui avec un grand sourire afin surprendre l'expression qu'il aurait lorsqu'il comprendrait.

« Tu voulais entendre ma voix... c'est possible comme ça. » fit-elle, un brin amusée, en suivant du doigts quelques traits dessinés à l'encre, sans le quitter des yeux. « Désolée, c'est vrai que j'adore faire tourner les gens en bourrique. C'est plus fort que moi, parfois je m'en rend même pas compte. Mais j'étais sincère tout ce temps, j'adore ce que tu fais. »

Bref moment de flottement.

« Ah ! Au fait... je m'appelle Tysha. »

Et de se relever d'un bond pour mimer une profonde révérence, qui faisait même voler ses cheveux dans tous les sens.

« Enchantée ! »

Se redressant pour se tenir bien droite sous les yeux de l'homme, elle rajustait sa tunique avec un joli sourire.

« J'aime beaucoup ton dessin, je le trouve très inspiré. Quand est-ce que tu vas le finir... ? Je peux te servir d'inspiration si tu le souhaite ! »

Un brin intéressé, elle ? Naaan....

egotrip






Parle en #aa2626
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encours
(#) le Mar 5 Sep - 22:01

Zacharie voyait facilement la guerre intérieure que se livrait la jeune femme, à la fois méfiante mais désireuse de sortir de sa cachette. Ce qu’elle fit à pas minuscules.
Baissant les yeux vers le nouveau message qu’elle lui adressa, il le lut en silence. Cela confirma certaines choses qu’il avait imaginées à son sujet.

« Même si on me pète les bras, je dirai rien, » promit-il, bien que Tysha soit déjà à quatre pattes sur son carnet ouvert.

Zacharie eut un sourire en coin, amusé par sa réaction et un peu pris de court par sa témérité. Au fond, il comprenait maintenant l’une des raisons qui l’avaient peut-être conduite à rester cachée à ses yeux tout en communiquant avec lui ; rien n’assurait la petite jeune femme qu’il aurait eu une bonne réaction en la découvrant. Il se surprit à penser que finalement, elle avait eu raison d’agir de la sorte. Mais quand même… Elle avait légèrement profité de ses avantages.

Lorsqu’il la vit saisir son téléphone, Zacharie s’attendit à un autre message, mais son propre téléphone reçut un appel. Un sourire plus grand illumina son visage lorsqu’il comprit ; évidemment, il aurait dû y penser !
La petite voix fluette de la jeune femme lui parvint lorsqu’il décrocha.

« Oooh merci, tu vas me faire rougir, » dit-il en plaçant une main sur son torse avec une fausse modestie toute volontaire. « Moi c’est Zacharie. Les gens au salon m’appellent Haru, dans le milieu, » précisa-t-il. « J’aurais jamais deviné que quelqu’un comme toi se cachait je ne sais où dans le salon, juste sous mon nez, pour observer ce que je faisais de mes journées. Ça fait plaisir à entendre, maintenant que je sais que t’es pas de la CIA. »

Et à l’avenir, il se rappellerait de scruter les étagères, et de regarder derrière ses flacons d’encre lorsqu’il aurait des soupçons. Enfin, il fallait quand même qu’il reste discret et naturel devant ses collègues. À vrai dire, Zacharie était à la fois curieux et impressionné qu’elle soit entrée ici aussi discrètement, qu’elle semble si à l’aise pour se déplacer dans ce monde disproportionné, et il se demandait comment elle s’y prenait… Sans doute empruntait-elle les aérations ?
La proposition de Tysha fit dévier à nouveau ses pensées sur le dessin, auquel il jeta un coup d’œil. L’androgynie de la silhouette, qui apparaitrait normalement complètement noire pour un rendu plus mystérieux, était principalement due à l’indécision de Zacharie sur le fait de dessiner un homme ou une femme. Et puis, il imaginait souvent les créatures fantastiques, telles que les elfes ou les sylphes, complètement agenres. Visiblement, ce n’était pas le cas de Tysha et de ses semblables. D’ailleurs, Zacharie ne savait même pas comment il était censé les appeler… Par contre, elle l’avait appelé un Gigantis. Oui, après tout l’appellation avait du sens pour elle.

« C’est vrai ? » dit-il sans masquer l’enthousiasme dans sa voix. « Ce serait génial ! Il aurait bien plus de personnalité si tu en faisais partie, quelque part. »

Il songeait déjà que la crinière rousse ardente de Tysha, son trait physique le plus marquant selon lui, donnerait un très bel élément graphique à travailler. Des touches de rouge et d’orange feu avec du noir et blanc…

« Celui-là sera sûrement fini demain ou dans deux jours, c’est juste une première expérimentation. Je fais souvent plusieurs versions des illustrations que je préfère, » expliqua-t-il.

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